16 janv. 2019

Victorinox

The Lazy Gardener – January

Réflexions hivernales

Même les plus passionnés des jardiniers peuvent faire en sorte de ne pas se sentir dépassés par le travail dans leur jardin. Un jardin à « entretien minime » doit être bien planifié. Et cela nécessite de la patience. Il faut trouver le bon équilibre entre nature sauvage et nature contrôlée. Cela commence en divisant les parcelles par choix de plantes. L’autre point important est la quantité de temps dont vous disposez. En règle générale : plus grand est le jardin potager, plus il demande de travail. Et ce, parce que les légumes et plantes aromatiques exigent davantage d’attention que le gazon et les parterres de plantes vivaces.

Autre point dont on doit avoir conscience, c’est le type de jardin que l’on souhaite. Les herbes aromatiques, légumes et fruits sont-ils importants, ou peut-on s’en passer ? Va-t-on privilégier les plantes à fleurs et leurs magnifiques couleurs ? Les arbres et arbustes fruitiers nous semblent-ils primordiaux ? Y a-t-il un peu de tout cela ? Ou beaucoup de tout cela ? De nombreux jardiniers font l’erreur de vouloir trop tout de suite et essaient d’être autosuffisants dès le départ. Ils plantent donc chaque mètre carré, ce qui signifie devoir cueillir chaque jour raisins, myrtilles, framboises, courgettes, laitues, concombres, haricots et bien plus encore. Les arbres doivent également être taillés, les arbustes nettoyés, la couverture végétale proliférante sarclée. Tout ce qui a de l’importance doit être arrosé et désherbé. Cette réflexion globale conduit finalement à planifier son jardin.

Planifier son jardin

Les mois d’hiver offrent tout le temps nécessaire pour définir une stratégie de culture pour la prochaine saison de jardinage. Pour ce faire, nous dessinons la zone à planter sur une feuille de papier. En la matérialisant de cette manière, cela nous permet de mieux la diviser en différents parterres de cultures de notre choix. Nous veillons toujours à laisser suffisamment d’espace entre et dans les rangées de plantes « voraces », comme les brassicas.

Même si nous plantons des cultures mixtes, nous réalisons toujours une rotation de cultures au minimum tous les trois ans pour les cultures principales. La rotation de cultures évite au sol de s’épuiser, ce qui arrive généralement avec la monoculture, et stoppe la propagation de maladies. La quantité d’espace requise dépend du niveau d’autosuffisance que vous souhaitez atteindre en terme de production de légumes. Nous définissons également à l’avance si nous sommes prêts à stocker l’excédent de production ou si nous pouvons le partager avec nos amis et nos proches.

Le début d’une nouvelle année de jardinage

Le début de l’année marque également celui du premier round de cet éternel combat que nous menons contre les escargots envahisseurs. Nous recueillons les œufs d’escargots dans les trous du sol, sous les planches, les chemins pavés et les couches de paillis. Le début de l’année se prête aussi à d’autres tâches : la taille des plantes ligneuses, par exemple, si cela n’a pas été fait à la fin de l’automne. Tailler les arbres et les arbustes leur permet de bien démarrer au printemps pour mieux enchanter le jardin de leurs fleurs opulentes. Les hamamélis fleuriront bientôt pour offrir de magnifiques palettes de jaune et de rouge éclatants. Au même moment, les premières préparations pour la nouvelle saison de jardinage sont également en cours. Nous suspendons les nichoirs et observons leurs nouveaux occupants. Nous dégageons la neige qui couvre les plantes vivaces, elle est abondante dans notre région. Et nous nettoyons délicatement les pots et jardinières en terre cuite à l’aide d’une brosse et d’une solution à base de savon neutre ou de vinaigre dilué.

Les parterres précoces doivent être ventilés et le feuillage dans la rocaille, retiré. Nous utiliserons bientôt la serre pour les premiers semis de légumes. Choisir les bonnes plantes est primordial. Les plantes résistantes et qui vivent longtemps requièrent moins d’attention que les variétés exotiques. Les plantes vivaces rustiques qui sont habituées à notre climat affrontent mieux la météo, leur entretien est par conséquent plus facile. Concernant les arbres et arbustes, nous avons une préférence pour les variétés qui poussent mieux sans avoir besoin d’être taillées. Voici quelques astuces à garder à l’esprit qui réduiront vos tâches dans le jardin : La couverture végétale ou le paillis maintient l’humidité du sol et constitue un remède éprouvé pour lutter contre la prolifération des mauvaises herbes et favoriser le développement de micro-organismes dans la terre. Nous ne fertilisons et n’arrosons qu’avec parcimonie. Non par fainéantise, mais plutôt parce que cela n’est généralement pas nécessaire sous nos latitudes. Si vous offrez une bonne tonte à votre pelouse chaque semaine, cela lui évitera de sécher trop rapidement.

Un jardin où l’on se sent bien ne s’obtient pas en se prélassant dans un hamac. Tous les jardins exigent un minimum de travail. Mais un jardinier passionné ne considère pas l’exercice physique comme quelque chose de désagréable. Bien au contraire !

Se démener en plein air, biner, bêcher, planter et récolter peuvent avoir un effet méditatif pour l’âme. Nous considérons même qu’il n’y a rien de plus relaxant ni de plus thérapeutique qu’une journée passée dans le jardin. À condition bien entendu que jardiner ne devienne pas une source de stress !

Se préparer pour une nouvelle saison de jardinage

  • Si le sol est sec, il faut lui apporter des nutriments sous la forme d’un bon compost et de fumier équilibré en décomposition. Nous étendons le paillis sur les parterres et nous laissons les organismes dans le sol s’y incorporer.
  • Chaque année de jardinage nous apporte de nouvelles expériences et de nouvelles connaissances que nous pouvons réévaluer et mettre en pratique. La récolte a-t-elle été bonne ? Pourquoi celle-ci a-t-elle bien donné et celle-là non ?
  • Qu’est-ce qui a fait ses preuves et qu’est-ce qui doit être modifié ?
  • Janvier est la bonne époque pour planifier et consulter les catalogues de jardinage et de semences, les magazines et les livres.

Recettes :

Betteraves marinées

Ingrédients : 2 kg de betteraves rouges, un peu de sel, 1 cuillère à soupe de cumin, 6 dl de vinaigre blanc, 2 feuilles de laurier, 2 clous de girofle, ½ cuillère à café de piment de Cayenne, 1 cuillère à café de gingembre moulu et 4 grains de poivre.

Faites bouillir les betteraves dans de l’eau salée avec le cumin jusqu’à ce qu’elles soient tendres. Portez le vinaigre et les épices à ébullition. Puis laissez refroidir. À l’aide d’une cuillère parisienne, creusez les betteraves bouillies et pelées pour former des boules et placez-les dans les bocaux. Versez le vinaigre refroidi jusqu’à couvrir les boules de betteraves. Refermez les bocaux hermétiquement et conservez-les au frais. Conseil : Le reste de betteraves peut être utilisé en soupe.

Liqueur d’orange

Ingrédients : ½ litre de jus d’orange fraîchement pressé, 30 g de zestes d’orange jaune (biologique/non traitée) découpés très fins (sans la peau blanche), 125 g de sucre candi, 1 gousse de vanille coupée dans le sens de la longueur, 7 dl d’eau-de-vie de fruit (40 % vol. d’alcool) et 2 dl de vermouth blanc.

Mélangez le jus d’orange et les zestes avec le sucre, la gousse de vanille, l’eau-de-vie de fruit et le vermouth blanc. Remplissez un bocal d’environ 1,5 litre et, une fois fermé hermétiquement, placez-le dans un endroit ensoleillé. Remuez bien une à deux fois par jour et filtrez à l’aide d’un filtre en papier après 14 jours. Conservez au frais dans des bouteilles bien fermées. Servez froid.


Je vous souhaite de commencer cette nouvelle année de jardinage en beauté.
Amicalement, Remo Vetter

Une courte biographie de Remo Vetter, « The Lazy Gardener »

Né à Bâle en 1956, Remo a dirigé une société internationale commercialisant des produits naturels pendant plus de 35 ans. Il est aujourd’hui régulièrement sollicité pour ses qualités de paysagiste, consultant et auteur, et il a créé de nombreux projets de jardins qui ont remporté un franc succès en Suisse, en Angleterre et en Irlande.

  • Travaille à son compte depuis 2018.
  • Donne des conférences en Suisse et à l’étranger sur les moyens d’explorer la durabilité, sur notre environnement naturel interconnecté et sur la façon de trouver un sens à nos vies.
  • Nombreuses interventions à la radio, à la télévision et dans la presse écrite en Suisse et à l’étranger.
  • Chroniques mensuelles dans différents magazines.

Son livre « The Lazy Gardener und seine Gartengeheimnisse » Obtenir de meilleurs résultats dans votre potager bio en faisant de moindres efforts est disponible aux éditions atVerlag ISBN 978-3-03800-941-2